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jeudi 15 novembre 2012

Après la guerre

Un film germano australien de Cate Shortland,
En 2012,
Avec Saskia Rosendhal, Nele Trebs, Ursina Lardi, Kai Peter Malina
D'après le roman de Rachel Seifferts - the dark room (la chambre noire traduit sans doute par Bernard Cohen).

1945, après la seconde guerre mondiale, alors que les Alliers envahissent l'Allemagne, 5 frères et soeurs, dont les parents, impliqués dans le régime nazi, sont envoyés en camp ou exécutés, sont contraints d'aller depuis la Forêt Noire chez leur grand-mère près d'Hamburg. Cette traversée du pays sera jonchée d'horreur et de dangers, marquée par la faim, le froid, la maladie et la mort. Cependant, une rencontre va mettre à mal les certitudes de Lore, l'aînée de la fraterie...

Chaque prise de vue reflète la menace omniprésente; la faim et la fatigue également percent l'écran. Sans compter le sentiment d'abandon que ces 5 enfants, livrés à eux-mêmes, doivent ignorer pour survivre. Certaines scènes ressemblent à des oeuvres d'art: le soin apporté aux couleurs, aux mouvements, voire aux symboles est visible tout au long du film et le rend d'autant plus boulversant. Et puis cette rencontre, véritable ironie du sort... Je ne vous en dis pas plus si l'envie vous prend d'aller voir ce film grandiose mais poignant voire angoissant. Lore ne laisse pas indemne et m'a fait penser à certains endroits au Grand cahier d'Agota Christof.

Frissons dans le dos garantis...

lundi 5 novembre 2012

Un film distrayant

Un film de Ken Loach
Avec Paul Brannigan, Siobhan Reilly, John Henshaw, Gary Maitland, William Ruane, Jasmin Riggins, Roger Allam, Charlie MacLean
En 2012

Robbie, délinquant et père d'un petit garçon, doit effectuer des traveaux d'intérêt généraux. Il se fait des amis et se découvre une passion pour le whisky. Afin de subvenir aux besoins de sa famille, il préparera un coup sans précédant: il se rendra dans les Highlands avec ses comparses pour chiper quelques bouteilles du whisky le plus cher au monde...

Jolie comédie, pleine de suspens mais sans crédibilité aucune. Les personnages sont particulièrement attachants et Paul Branningan très prometteur!

Si vous le voyez en VO. ne pensez pas vous en sortir sans les sous-titres, à moins que vous n'ayez quelques relations intimes avec l'accent écossais de Glasgow!! (J'ai bien souvent cru entendre une langue nordique complètement étrangère - mais j'ai bien ri en entendant par exemple "on hisôn" au lieu de "on his own"...)


mardi 16 octobre 2012

Liebe...

En 2012,
De Michael Haneke,
Avec Jean Louis Trintignant, Emmanuelle Riva, Isabelle Hupert.
Palme d'or au festival de Cannes
Drame

Georges et Anne ont environ 80 ans. Leur vie semble agréable, ils semblent encore très complices, vivent dans un grand appartement parisien, vont à des concerts (ils étaient tous deux professeurs de piano)... Malheureusement, Anne est victime d'une attaque cérébrale et depuis, son état se dégrade de plus en plus jusqu'à devenir dépendante. Cela met l'amour du couple et les relations père-fille à rude épreuve.

Avec Haneke comme réalisateur, on ne peut que s'attendre à un film profond, à une violence sourde. Le film montre ici l'amour dans son aspect le plus tragique: la façon dont il manifeste dans la maladie. Les scènes sont lentes, statiques voire pesantes pour laisser au spectateur le temps de s'impreigner du malaise ambiant, de l'atmosphère élégiaque. Les relations de Georges et de sa fille Eva sont également montrées, en filigrane, le spectateur a le choix de les interprèter à sa guise... C'est un film qui porte à la réflexion et dont on ne sort pas indemne. Une véritable pépite! 

mardi 14 août 2012

Mes héroines #3

Dans la famille Cinéma, je demande,
Isabelle Hubert.

Je l'ai redécouverte dans Copacabana, le film de Marc Fitoussi (2010), aux côtés de Lolita Chammah et Anne Atika, dans le rôle de Babou, une originale, ancienne baba cool vivant à Tourcoing.
Sa fille, Esmeralda, est tout son contraire: à cheval sur les conventions, elle cherche la stabilité.
Quand cette dernière anonce à sa mère qu'elle se marie, Babou la regarde d'un oeil circonspect et une dispute éclate entre les deux femmes aux valeurs diamétralement opposées.
Mais Babou, prête à remuer ciel et terre pour sa fille, cherche du travail et trouve une place dans une "start up" plus ou moins sérieuse à Ostende, dans laquelle elle aura beaucoup de succès...

Un film truculant, bon enfant, que je vous laisse découvrir pour passer un moment très agréable.

Et puis, et puis... je me délecte rien que d'y penser:

La voici dans l'adaptation du roman de Elfriede Jelinek (Michael Haneke en 2001) aux côtés d'un Benoît Magimel transi et d'une Annie Girardot plus que maternelle. Elle glisse dans la peau d'Erila Kohut, professeur de piano revêche et surtout très refoulée, stéréotype de la "vieille fille" qui tombera follement amoureuse de l'un de ses élèves, Walter Klemmer. La découvert du sentiment amoureux, lancinant, obsessionnel, la fera basculer dans la violence émotionnelle et psychologique la plus intense. Erika ressemble à un volcan en irruption dont la lave a été contenue trop longtemps.

Je vous invite vivement à voir ou revoir ce classique du cinéma (pour ceux que cela tente, lisez Jelinek, Yasmine Hoffmann s'est chargée de la traduction).
Du grand art!

vendredi 20 juillet 2012

Mes héroines #2

Comme je jouerai les touristes et guides touristiques pendant quelques jours, je vous programme quelques billets ô lecteurs assidus!
Ma comparse toulousaine m'a un jour amené un DVD : Camille Claudel  interprétée par une Isabelle Adjanie absolument époustoufflante et un Depardieu très changé pour son rôle (Rodin).

Attention, parenthèse groupie: Depardieu - plus jeune, il était l'un des gars les plus sexy sur cette planète, à mes yeux du moins. Et sa voix, aaaaaaah ♥. On referme cette parenthèse.

Comme vous le savez tous, sans doute, Camille Claudel fut l'élève de Rodin remplaçant Boucher. Les deux vivront une liaison passionnelle et en dent de scie.
L'art de Camille fut controversé, jugé trop libéré pour une femme à cette époque mais lorsqu'on regarde ses sculptures (sur ce site), on ne peut être que subjugé par tant de recherche dans le mouvement, par cette passion mélancolique qui s'en dégage.

Dans le film, la descente aux enfers que connut Camille Claudel est clairement mise en avant et bouleverse le spectateur. Camille s'enferme, détruit ses oeuvres, vit des crises de paranoia, puis finit internée.
N'oublions pas qu'elle sera internée pendant 30 délaissée par tous. Mais est-ce cette relation avec Rodin ou la passion démesurée pour l'art qui détruisit cette artiste marquante, précoce et incomprise ?

Ce film de Bruno Nuytten m'a fait découvrir et aimer cette sculptrice au destin tragique.


mercredi 18 juillet 2012

Mes héroines #1

Après mon billet coup de griffes, j'avais décidé de vous présenter des femmes qui ont marqué plusieurs générations, des icones, des héroines, en quelque sorte.
Il y a plusieurs mois déjà, je suis allée voir ce film réalisé par Simon Curtis avec des amis:


Marilyn interprétée avec brio par Michèle Williams.

Été 1956, Colin Clark (Eddie Radmayne) , stagiaire, travaille sur le tournage du film
Le prince et la danseuse.
Il découvre l'envers du décor, le revers de la médaille de l'icone: une fille timide éprouvant des difficultés à apprendre ses textes par coeur mais dont les moments d'improvisation font mouche. Elle est sexy et pleine d'esprit mais souffre également d'un manque affectif profond qui, doublé d'une insatisfaction chronique au niveau de sa carrière, la plongera dans la dépression.
Colin, tombe sous le charme de l'actrice, amie-amante.

Avant cette séance de cinéma, Marilyn Monroe ne m'intéressait pas trop, je la trouvais un peu superficielle, trop "à la mode", presque éculée.
Mais, en ce soir de mai, j'ai été fascinée par cette sensibilité à fleur de peau, par la pression exercée sur elle, par un Arthur Miller distant voire "cruel" (la scène où elle découvre ce qu'il a écrit sur elle est bouleversante), par ce jeu d'ombres et lumières dégagé par Marilyn.

J'ai découvert une écorchée vive de charme et j'ai été emportée.

mercredi 23 mai 2012

"La vie nous appartient"

De Valérie Donzelli
Avec Valérie Donzelli et Jérémie Elkaim
En 2011

Une histoire d'amour toute simple, si forte entre Roméo et Juliette, un enfant, Adam, une évidence mais les parents découvrent des choses étranges sur leur fils: il ne marche pas encore, il vomit brusquement et présente une légère paralysie faciale. Le diagnostic tombe: une tumeur au cerveau. Un lourd traitement, très long et un couple qui reste uni même dans l'adversité...

C'est en fait leur propre histoire que les deux acteurs et réalisateurs incarnent. J'ai trouvé le thème de la maladie très bien abordée, sans mélo mais très réaliste, le couple pétillant plein de vie malgré le cancer de leur fils, même si il finissent par se séparer... Un film que je vous conseille fortement armés cependant de mouchoirs (à moins que vous ne l'ayez vu, ici à Berlin, il n'est sorti il n'y a que quelques semaines...) certaines scènes sont poignantes...

Et il y a cette splendide chanson de Jacques Higelin que je ne connaissais pas joliment interprétée dans le film:

Je ne peux plus dire je t'aime
Ne me demande pas pourquoi
Je ne ressens ni joie ni peine
Quand tes yeux se posent sur moi
Si la solitude te pèse
Quand tu viens à passer par là
Et qu'un ami t'a oubliée
Tu peux toujours compter sur moi

Je ne peux plus dire je t'aime Hm Hm
Sans donner ma langue à couper
Trop de serpents sous les caresses
Trop d'amours à couteaux tirés

Si dure que soit la solitude
Elle te ramène à ton destin
La loi du grand amour est rude
Pour qui s'est trompé de chemin

Je ne peux plus dire je t'aime
Ne me demande pas pourquoi
Toi et moi ne sont plus les mêmes
Pourquoi l'amour vient et s'en va

Si la solitude te pèse
Quand le destin te mène ici
Et qu'un ami t'a oubliée

Tu peux toujours compter sur moi

Et qu'un ami vienne à manquer
Tu peux toujours compter sur moi

jeudi 26 avril 2012

Invisible man version germanique and question

En 2011
De Markus Sehr
Avec Fritzi Haberland et Kurt Krömer

Petite soirée DVD entre potes et un film assez drôle et qui vaut le coup que j'en parle...
Pour l'histoire, Udo travaille dans un centre commercial de Cologne comme "agent de sécurité". Exercer ce métier quand on est invisible pour la plupart des gens est très avantageux. Mais Udo en souffre, cette "maladie" l'enferme dans la solitude. Jasmin (à prononcer Jasmine), entrepreneuse dans le domaine hôtelier vient à Cologne pour règler les obsèques de son père et elle rencontre Udo (parce qu'elle est l'une des seules à le voir). Ils tombent amoureux et le trentenaire devient alors visible pour tout le monde! Il n'a pas pas l'habitude, et cela lui enlève certains avantages, comme celui de pouvoir habiter dans la galerie marchande sans pouvoir être vu et ennuyé par les agents de nuit mais il aime être visible et en profite... parfois même un peu trop...

Même si ce film est très rocambolesque (très bien pour une soirée DVD) et aussi divertissant, il pose la question de la place que l'on prend au sein de la société, l'image que l'on donne de soi aux autres. Qui n'a pas au cours d'une soirée eu l'impression de faire tapisserie? Qui n'a pas rêvé parfois de devenir invisible, ou au contraire, plus visible? C'est un point récurent dans ma vie: quelle est ma place? Comment puis-je être plus présente? J'ai assez tendance à me tapir dans l'ombre et c'est parfois dommage...

Et vous? Les pieds bien campés dans la vie, ou un peu en retrait? Contez-moi vos expériences entre ombre et lumière, entre tapisserie et dance floor!! Il me tarde déjà de lire vos commentaire:-)

mercredi 14 mars 2012

Un grand classique

Tiré du roman de Truman Capote
Porté à l'écran par Blake Edwards
En 1961

Avec Audrey Hepburn et George Peppard

Rien de tel qu'une soirée entre nanas pour découvrir des classiques du cinéma tels que Breakfast at Tiffany's! Je ne l'avais jamais vu! Je sais, j'ai un retard considérable en culture ciné...

Tout le monde connaît l'histoire d'Holly, cette femme élégante, dégentée, fêtarde, cahotique et touchante! Elle fait la connaissance d'un écrivain "Fred" alias Paul Varjak. Un histoire d'amour / amitié naîtra de cette rencontre... Chaque scène est captivante, on est tout de suite emporté dans la vie tourbillonnante d'Holly, on lui envie son élégance, ou plutôt, on meurt d'envie d'en prendre de la graine... J'imagine que vous avez tous vu ce film au moins une fois dans votre vie! Ou lu le livre? Sinon, visionnez-le de toute urgence... Le mieux entre copine avec de délicieux carrés de chocolat noir.

vendredi 2 mars 2012

Un film très...particulier

Réalisé par Steve mcQueen
avec Michael Fassbender et Carry Mulligan
Sorti en 2011
interdit au moins de 16ans

Hier, c'est avec toute une petite troupe de Français que nous décidâmes d'aller voir Shame en VO au cinema du Hackesche Höfe (auquel, décidément, je commence à être fidèle). Nous avons passé une excellente soirée. Mais venons-en au film: New-York, Brandon, la trentaine, connaît le succès dans son travail et surtout avec les femmes, sa passion, c'est le sexe, mais il en est totalement obsédé. Tout tourne rond dans sa petite vie jusqu'à l'arrivée de sa soeur, Sissy, pour le moins particulière. C'est une artiste écorchée vive (C'est le moins que l'on puisse dire) et leur relation est très spéciale. A la fin du film, des questions nous viennent à l'esprit: ouvrera-t-il les yeux sur son obsession et l'égoisme qui en découle, sera-t-il capable d'aimer vraiment...
J'ai trouvé le thème très intéressant, certains moments sont poignants mais j'ai trouvé que le film était trop orienté sur le sexe et aurait pu être creusé davantage à certains endroits, le personnage de la soeur, une évocation de leur enfance, pour mieux comprendre... Par contre le Michael Fassbender est excellent dans ce rôle de l'extrême!

jeudi 23 février 2012

Une amitié hors du commun

Réalisé par Eric Tolédano, Olivier Nakache
En novembre 2011 
Avec Olivier Sy, François Cluzet
En allemand Fast Beste Freunde en VO au ciné du Hackesche Höfe

Philippe, riche industriel, est tétraplégique depuis un accident du parapente. Il cherche un aide à domicile et c'est Driss, tout juste sorti de prison, qu'il choisira alors que ce dernier n'était venu à l'entretien que pour faire signer son papier et recevoir ses Assedics. C'est un jeune homme différent, Driss, pas juste parce qu'il vient des cités mais surtout parce qu'il ne prend pas Philippe en pitié et se comporte avec lui de façon naturelle, parfois même un peu impertinente et c'est justement ça qui plaît au quinquagénaire. Une amitié se tisse entre les deux homme que tout oppose pourtant. Driss aide également Philippe à ré-aimer après la mort de sa femme faire évoluer sa relation épistolaire en une véritable histoire d'amour qui finira par un mariage et dont naîtra une petite fille. Presqu'un conte de fée, très proche de la vie de Philippe Pozzo di Borgo, aristocrate et ancien dirigeant de la maison Pommery. Dans Stern, di Borgo raconte que sa relation à Abdel Yasmin Sellou était bien plus chaotique que ce que le film décrit, même si les deux hommes sont très proches et que le film rend bien l'esprit de leur relation: le refus de Philippe de recevoir de la pitié. J'ai trouvé ce film extrêmement touchant. Je n'ai pas trouvé la figure de Driss caricaturale (le pauvre type de banlieue qui arrive dans le luxe) même si certaines critiques dénoncent ce point car ce n'est pas du tout le message que le film cherchait à passer d'autant qu'il est basé sur l'autobiographie de Philippe Pozzo di Borgo Le second souffle. Elsa en parle ici et contrairement à elle, l'optimisme du film m'a contaminée, d'ailleurs les compositions de Ludovico Einaudi m'ont particulièrement émue. Comme Fly et surtout Una Mattina. Puis Vib Gyor et Red Light Puis plus tard j'ai lu et apprécié le billet d'Odile Sacoche et sa touche personnelle, ici.

jeudi 5 janvier 2012

Les lendemains de fêtes #2

Un film de Cédric Klapisch
Sorti en 2002, avec
Romain Duris - Xavier
Audrey Tautou - Martine
Judith Godrèche - Anne-Sophie
Cécile de France - Isabelle
Xavier de Billebon - Jean-Michel, le mari d'Anne-Sophie
Kelly Reilly - Wendy.....



Que fait-on les lendemain de fête de Saint Sylvestre trop arrosé, on se mate un petit DVD... C'est tombé sur l'auberge espagnole que je n'avais encore jamais vu!!

Xavier, un étudiant en économie, décide de partir un an en Espagne pour mieux connaître le marché et la langue du pays. Après avoir été accueilli par un couple français et moult galères pour obtenir un logement, il trouve enfin une collocation pour le moins internationale! Avant ce voyage, il se destine à une vie de "petit bourgeois": un boulot où il est pistonné par Papa, une petite amie... Mais c'est au gré de ces rencontres à Barcelone qu'il découvre qui il est, peu à peu, dans cette ambiance "loca" qui correspond assez bien "au bordel dans sa tête." C'est un peu comme si tous ces projets battis à Paris, volaient en éclat et le faisait revenir à son rêve d'enfant, devenir écrivain... J'ai vraiment passé un bon moment en regardant ce film émouvant et drôle à la fois, le frère de Wendy avec tous ces clichés, les gens de Barcelone qui ne parlent que le catalan, toute l'ambiance Erasmus que j'avais vécue quelques mois avant la sortie du film, justement, à Augsburg...

Le bon plan du ciné

Un film de Sam Garbarski
En 2003, avec:
Nathan Cogan : Dolfo
Hippolyte Girardot : Antoine
Ludmila Mikaël : Isabelle, la femme de Simon
Michel Jonasz : Simon Rashevski
Daniel Mesguich : David Rashevski
Jonathan Zaccaï : Jonathan Rashevski, le fils de Simon
Tania Garbarski : Nina Rashevski, la fille de Simon
Rudi Rosenberg : Ric Rashevski, le fils de David
Selma Kouchy : Khadija, l'amie de Ric
Moscu Alcalay : Shmouel, le père de Simon et David
Laurence Masliah : Rosa



Hier, direction Prenzlauerberg au Lichtblick où une soirée cinéma-galette des rois était organisée par le magazine "Berlin Poche". (C'est la reine des bons plans, ma comparse toulousaine, qui nous a dégotté des places gratuites!). Nous voici donc dans une toute petite salle, tellement minuscule qu'il a fallu installer des chaises supplémentaires pour les retardataires.
Tout se passe dans une famille juive libérale: à la mort de Rosa, amatrice de tango, la vie de la famille Rashevski est mise sans dessus-dessous car la grand-mère, qui détestait les rabbins, a acheté une place dans "le carré juif" pour y être enterrée. Que faut-il faire? Engager un rabbin pour prononcer le Kaddish? Cette mort, plus qu'un dilemme est aussi la perte de repères des personnages: Nina veut retrouver ses racines et devient juive orthodoxe; Simon et David se sentent orphelins; Isabelle, la femme de Simon, qui n'est pas juive, se pose la question de sa place dans la famille; Ric est fiancé à Khadija, d'origine maghrébine; sans oublier Tonton Dolfo, dont le frère est un rabbin retourné à Israel. Il incarne une certaine sagesse et véhicule des idées de tolérance entre les peuples. J'ai beaucoup aimé ce personnage et certaines de ses répliques font mouche, j'ai également aimé retrouver Michel Jonasz en acteur doué, ainsi que le rapport de la famille à la musique ou encore les parties d'échec au téléphone entre les deux frères... Bref, (je ne prends pas le risque de vous révéler tout le contenu du film si vous désirez le regarder, ce serait dommage) voilà une comédie familiale enlevée, passionnée et touchante qui nous emporte au rythme du tango...polonais.

mercredi 9 novembre 2011

1-2-Polizei

Un film de Maïwenn Le Besco
Avec Karin Viard, Joey Starr, Marina Foïs, Nicolas Duvauchelle
Maïwenn Le Besco
En 2011

Coup de coeur

Paris, dans la brigade de la protection des mineurs, ce sont entre autres les dépositions d'enfants maltraités, les aggressions sexuelles dans toutes les couches de la société, les pitpockets et l'exploitation d'enfants dans un camp roumains. La vie privée des protagonistes n'en est pas moins cahotique. Les membres de l'équipe s'impliquent à 100% dans leur métier pas tous les jours facile et semblent retrouver leurs propres blessures dans les affaires qu'ils traîtent. Il y a Baloo, le chef d'équipe (Frédéric Pierrot), Fred (Joe Starr) l'écorché vif, Nadine (Karine Viard) qui raconte à Iris, la femme forte et rebelle, (Marina Foïs) ses problèmes de couple, Sue Hellen (Emmanuelle Bercot), Chys (Karole Rocher), Nora (Naidra Ayadi) et puis Mélissa, la photographe (Maïwenn) envoyée par le ministère pour prendre des clichés de la vie dans la brigade. Fred la voit tout d'abord d'un mauvais oeil...
Nous avons eu la chance de le voir en VO, donc en français, au cinéma de Hackesche Höfe. Vous n'avez pas vu ce film? Allez-y de toute urgence, il est poignant. Joe Starr montre une tout autre image de lui, plus sensible, profondément émouvant comme tout le film d'ailleurs aux scènes tantôt drôles, improbables, révoltantes ou déchirantes... Un film à fleur de coeur qui porte à la réflexion...

mercredi 12 octobre 2011

Sur un nuage

De Andreas Dresen
En 2008
La première du film au Festival de CannesAvec: Ursula Werner, Horst Rehberg, Horst Westphal, Steffi Kühnert
Inge, une couturière de 70ans est mariée à Werner depuis 30 ans. Leur union est heureuse et routinière. Un jour, Karl, 76ans apporte un pantalon à Inge et c'est le coup de foudre. Inge contre son attirance pour Karl mais elle est plus forte que tout, plus forte que son mariage satisfaisant, plus forte que les tabous liés à l'âge. Dresen nous fait entrer dans l'intimité de ces personnages attachants, sans vulgarité, tout en finesse, hautnah, comme on dirait ici (si près que c'en est à fleur de peau). La sexualité à 70 ans n'est pas un thème commun et c'est avec brio que Dresen le fait dans ce film émouvant. D'ailleurs le titre est tiré de l'expression "cloud 9" (au septième ciel - auf Wolke 7, en allemand)
Les films allemands ont très souvent quelque chose de sensible, quelque chose qui résonne dans le tréfond des émotions, comme par exemple Erbsen auf Halb 6, dont je parlerai certainement dans un prochain billet, Goodbye Lenin... qu'en pensez-vous?

mardi 11 octobre 2011

Petit tour au cinoche

Un film de Mathieu Amalric
En 2010
Avec: Miranda Colclasure, Suzanne Ramsey, Dirty Martini, Mathieu Amalric


Des places gratuites glanées par ma comparse toulousaine et nous voici à Schöneberg dans ce petit cinéma très sympatique. On est loin des grosses productions à l'américaine, des cinémas à 12 salles, des stands de popcorn surtaxé: ce cinéma n'a qu'une salle, on se croirait dans un cinéma d'art et d'essai. J'adore cette ambiance cosy dans un batiment porteur du temps, le côté désuet du propriétaire qui, perché sur un escabeau, change les lettres de l'affiche et à l'entrée, un carton rempli de ces lettres en plastique, l'odeur des popcorn salés (et bon marché), une musique à la Elvis Pressley... On se sent bien au Xenon. Quand au film, je suis paresseuse, et je ne saurais le résumer aussi bien qu'ici. Tournée est une belle description de ce qui se passe derrières danses osées, mise en scène satiriques et paillettes. Les émotions derrière le décor, dans les coulisses; les larmes, les rires, les joies, les trahisons, les déceptions... Un film touchant.

lundi 22 août 2011

Le p'tit film du samedi soir

De Jean-Pierre Améris
Avec Isabelle Carré et Benoît Poelevoorde

Sortie en France en décembre 2010
Bande anonce
ici.

Angélique est la nouvelle employée de la fabrique de chocolat de Jean-René, une employée un peu spéciale: non seulement elle est talentueuse mais aussi hyperémotive. Son patron, souffre égalementde ce "mal". Ils tombent amoureux et vivent une romance aux milles rebondissements.
On pourrait penser à une comédie très à l'eau de rose mais on s'attache aux personnages et même si leur trait de caractère est très grossi, on arrive à s'identifier à eux. Qui un jour n'a pas eu envie de changer de chemise se sentant gêné de transpirer, qui n'a pas eu envie de se cacher lors d'un examen, qui n'a pas eu les mains moites ou senti le rouge monter aux joues dans certaines circonstances? Un film sympatique, à la fin cocasse et originale.

lundi 15 août 2011

Nihilisme? Realisme!

Un film de Derek Cianfrance
Avec Ryan Gosling, Michelle Williams
coup de ♥

Dean et Cindy se rencontrent, tombent amoureux, se marient et fondent une famille... Jusqu'à ce qu'ils essayent de sauver leur couple en passant le week end dans un motel... C'est plutôt Dean qui essaye de sauver le couple. Elle est bien trop prise dans ses obligations professionnelles et familiales et puis aime-t-elle autant son mari que lui ne l'aime? Je ne vous en dirai pas davantage (je vois les mines déçues "hooooooooooooooooo") mais allez donc voir ce film, les acteurs sont époustoufflants. Je vous préviens, on ressort de la salle avec une énorme boule dans la gorge, le goût amer d'un amour qui part en lambeaux...
Et puis le Gosling il est sexyyyy et enplus il chante trop biiiiennnn, iciiiiii et comme dirait mon pote Gad Elmaleh: "les paroles sont bien!" non vraiment c'est extraordinaire, les voici:

You always hurt the one you love,
The one you shouldn't hurt at all.
You always take the sweetest rose
And crush it until the petals fall.
You always break the kindest heart
With a hasty word you can't recall.
So if i broke your heart last night
It's because i love you most of all.

You always break the kindest heart
With a hasty word you can't recall.
So if i broke your heart last night
It's because i love you most of all.
It's because i love you most of all.


Et puis dans la même veine, il y a Brel. Mais de toute façon c'est tellement vrai tout ça, le film, la chanson du film, et celle de Brel... c'est tellement vrai...

vendredi 29 avril 2011

Un bijou du cinéma

En 2010
Un film de François Ozon,
Avec Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Fabrice Luccini, Judith Godrèche...

Nous sommes dans une petite ville du Nord (près de St Amand les eaux), en 1977. Robert Pujol dirige une fabrique de parapluie. Les grèves se multiplient et l'état de santé de Robert s'agrave. C'est alors Suzanne qui va prendre les rènes de l'entreprise familiale. Elle, la femme un peu rêveuse que tout le monde prend pour une potiche, donne un souffle nouveau à la fabrique!

Une comédie sucrée sans pour autant être mièvre, un peu de féminisme et de politique, un peu de romance... Un mélange réussi fait pour passer une bonne soirée entre nanas. (Avec une collègue allemand et une du Kirghistan, sympatique!) Ca m'a fait plaisir de retrouver un peu de l'athmosphère de ch'Nord, l'ambiance 70' m'a aussi enchantée, on en serait presque nostalgique (même si je n'étais encore qu'un poisson pas né, à l'époque...)

Par contre, j'ai vu ce film il y a déjà plusieurs semaines, et ce n'est que maintenant que je vous en parle... Je suis à la bourre! *lapin qui court dans Alice aux pays des Merveilles*

Ah oui pour ceux qui ne parlent pas un traître mot d'allemand, Schmuckstück, c'est un bijou ou une potiche (le titre du film en français)...

samedi 2 avril 2011

Ballet ou thriller psychologique

Réalisé par Darren Aronofsky
Sortie: hiver 2011
Avec: Natalie Portman
Mila Kunis
Vincent Cassel
Coup de coeur

Nina, danseuse dans la troupe du New York city ballet, est prête à tout pour endosser le rôle principal du lac des cygnes comprenant deux facettes: le cygne blanc et le cygne noir. Si, petite fille modèle, du moins en apparence, elle semble faite pour la première partie, elle doit travailler dur pour interpréter la deuxième et la concurrence est rude! Nina semble de plus en plus s'identifier à son double rôle, jusqu'à en perdre la raison et entrer dans des comportements franchement schyzoïdes... Il faut dire que sa mère a une attitude assez étouffante envers la jeune fille et que cette dernière semble en pleine "crise d'adolescente tardive"... Dans tout le film on assiste à l'évolution ou plutôt l'effondrement psychique de Nina et le réalisateur nous plonge dans une atmosphère pesante qui succite des émotions fortes. Le mise en scène plus qu'habile nous donne l'impression d'être dans la peau de Nina et de plonger, comme elle, dans la folie. Nathalie Portman, ayant pris des cours intensifs de danse classique et perdu du poids pour le rôle, est absolument époustoufflante! Le film, ficelé avec brio, nous fait frissonner sur la musique de Tchaïkowski. (définitivement l'un de mes chouchous en musique classique!) Bref, à voir de toute urgence, en s'armant cependant de sang froid! Du grand art!!
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